Benoît MONSEL Benoît MONSEL

Carnet Mouvement & Présence

Retour sur le stage Mouvement & Présence du 28 juin 2026, consacré au cycle Structure & Liberté. À travers les appuis, la verticalité, la marche, la mobilité du bassin, la libération des épaules et le travail en binôme, nous avons exploré comment une organisation corporelle plus consciente peut ouvrir un mouvement plus libre, plus stable et plus présent.

Cycle 2026 — Exploration #3

Structure et liberté

Retour sur le stage du 28 juin 2026

Ce stage venait conclure le cycle mai — juin : Structure & Liberté.

L’exploration proposée reposait sur une idée centrale : la liberté du mouvement ne naît pas de l’absence de cadre, mais d’une organisation corporelle plus consciente, plus stable et plus disponible.

Nous avons donc traversé différentes situations corporelles pour sentir comment les appuis, la verticalité, le bassin, la cage thoracique, les épaules, les bras et la relation à l’autre peuvent s’organiser ensemble.

L’objectif n’était pas de produire une forme parfaite, mais de mieux comprendre comment le corps peut trouver une liberté plus grande lorsqu’il est soutenu par une structure claire.


Une progression du stage en cinq étapes

1. Structure

Travail des appuis et du balancement du bassin.

Le stage a commencé par un travail de balancement latéral. Les pieds étaient écartés, le poids du corps passant progressivement d’un appui à l’autre.

Cette première exploration permettait de sentir que le mouvement ne commence pas seulement par une volonté de déplacement, mais par une relation au sol.

Lorsque le poids se transfère vers la droite ou vers la gauche, le bassin peut naturellement s’organiser en réponse. Il ne s’agit pas de forcer le mouvement, mais de laisser le bassin accompagner le transfert de poids pour que le buste puisse rester disponible.

L’enjeu était de sentir que la stabilité ne signifie pas immobilité. Un appui vivant permet au corps de s’ajuster, de respirer et de se réorganiser.

À retenir :
un mouvement libre commence souvent par un appui clair. Plus l’appui est senti, plus le bassin peut se libérer, et plus le haut du corps peut rester disponible.

2. Verticalité

Étirement de la colonne et maintien de l’axe.

Nous avons ensuite exploré la sensation de verticalité axiale.

Assis, les mains placées derrière le crâne, il s’agissait de créer une tension douce vers le haut, comme si le sommet du crâne était invité à s’élever, tandis que le sacrum restait orienté vers le bas.

Cette opposition subtile — sacrum vers le sol, sommet du crâne vers le haut — permet de sentir un allongement de la colonne vertébrale sans raideur.

L’objectif n’était pas de “se tenir droit” au sens habituel, mais de trouver une verticalité plus organique : une colonne qui s’étire, un dos qui respire, un axe qui soutient le mouvement sans le figer.

Nous avons ensuite testé cette verticalité dans le mouvement, afin de voir comment elle pouvait rester présente même lorsque le corps se déplace.

À retenir :
la verticalité n’est pas une posture fixe. C’est une organisation vivante entre le bas et le haut du corps.

3. Marche

Intégration de la rotation du bassin, des appuis et de la mobilité des poignets.

Le travail s’est poursuivi avec une observation de la marche ralentie.

Nous avons décomposé le pas en trois temps :

  1. sentir l’appui stable ;

  2. laisser l’intention du déplacement passer par la cage thoracique ;

  3. permettre au bassin de tourner pour accompagner le pas.

Cette décomposition a permis de mieux percevoir que la marche n’est pas seulement un mouvement des jambes. Elle engage l’ensemble du corps : les pieds, le bassin, la colonne, la cage thoracique, les bras et le regard.

La rotation du bassin joue ici un rôle essentiel. Lorsqu’elle est disponible, le déplacement devient plus fluide et moins coûteux. Le corps avance avec moins d’effort, car les différentes parties coopèrent au lieu de se bloquer.

Nous avons ensuite exploré la relation entre les poignets et les hanches. Dans un premier temps, la marche a été réalisée avec les poignets volontairement figés. Puis, dans un second temps, les poignets ont été laissés plus libres, plus mobiles.

La différence de sensation a mis en évidence une relation importante : lorsque les poignets se libèrent, les bras retrouvent leur balancement naturel, et cette mobilité influence directement la disponibilité des hanches.

À retenir :
marcher, ce n’est pas seulement avancer une jambe. C’est organiser tout le corps autour d’un transfert d’appui. Le corps fonctionne comme un ensemble : libérer une extrémité peut redonner de la mobilité au centre.

4. Libération

Exercices d’épaules et sautillements pour libérer le haut du corps.

La suite du stage a porté sur la libération du haut du corps.

Nous avons travaillé les rotations du buste en gardant les épaules parallèles au sol. L’attention était portée sur la cage thoracique et sur la respiration.

L’idée était de sentir que les bras peuvent se déployer sans être tirés par les épaules. Lorsque la cage thoracique respire et que le centre s’organise, les bras peuvent s’étendre plus naturellement.

Nous avons également exploré des mouvements amples des épaules, vers l’avant, vers l’arrière et latéralement, notamment en musique. Ces mouvements avaient pour but de libérer les tensions autour des omoplates et de retrouver une plus grande mobilité du haut du corps.

Ce passage était important, car beaucoup de tensions dans le mouvement viennent d’une confusion entre action et crispation. Les épaules veulent souvent “faire” le mouvement, alors qu’elles peuvent simplement accompagner une organisation plus profonde.

Nous avons ensuite introduit un exercice plus dynamique : de petits sautillements rapides sur les plantes de pieds, avec les bras relâchés.

L’objectif n’était pas de sauter haut, mais de créer une activation rapide, légère, presque rebondissante. L’effort devait venir davantage du centre, des appuis et des fessiers que des épaules ou des bras.

Après environ deux minutes, une sensation de légèreté pouvait apparaître dans les bras. Ceux-ci devenaient moins portés volontairement, moins contrôlés, plus disponibles.

À retenir :
les bras ne se libèrent pas seulement en travaillant les bras. Ils se libèrent lorsque le centre, la cage thoracique, les épaules et les appuis retrouvent leur organisation. Un centre actif peut rendre les bras plus légers.

5. Expression

Chorégraphie expressive et travail sensoriel en binôme.

Les principes explorés ont ensuite été intégrés dans une forme plus expressive, proche d’une chorégraphie d’expression primitive.

Nous avons utilisé des pas croisés, des mouvements de bras plus énergétiques et une relation plus directe au rythme. L’objectif était de voir comment les notions précédentes — appuis, verticalité, rotation du bassin, mobilité du haut du corps — pouvaient nourrir une expression plus engagée.

Il ne s’agissait pas d’apprendre une chorégraphie pour la reproduire mécaniquement, mais de sentir comment une structure corporelle claire peut soutenir une expression plus forte.

Le mouvement pouvait alors devenir plus intense sans perdre son organisation. L’énergie ne venait pas d’une tension supplémentaire, mais d’un corps mieux relié.

Le stage s’est terminé par un travail en binôme, sous forme de rituel de fin.

Une personne fermait les yeux tandis que l’autre proposait un point de contact par le toucher. À partir de ce contact, la personne guidée devait organiser son mouvement, maintenir son équilibre et laisser apparaître une réponse corporelle.

Cet exercice demandait une grande qualité d’écoute. Le mouvement ne venait plus seulement d’une décision personnelle, mais d’une information reçue. Le point de contact devenait un repère, une contrainte, mais aussi une ouverture.

Là encore, nous retrouvions le thème central du stage : la liberté ne consiste pas à faire n’importe quoi, mais à pouvoir s’adapter à une situation nouvelle sans perdre son axe, ses appuis ni sa présence.

À retenir :
la structure ne réduit pas l’expression. Elle peut au contraire lui donner plus de force, de précision et de présence. Le contact peut devenir un appui, et une contrainte extérieure peut ouvrir de nouveaux chemins de mouvement.


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Carnet Mouvement & Présence

Exploration de la continuité du mouvement à travers l’écoute corporelle et l’organisation interne du corps. Ce stage Mouvement & Présence permet d’accéder à un mouvement plus fluide, plus disponible et moins contraint.

Cycle 2026 — Exploration #2

La continuité du mouvement

Retour sur le stage du 12 avril 2026

Ce stage venait conclure le cycle mars — avril : Continuité du mouvement.

Le stage a exploré la continuité du mouvement à travers l’écoute corporelle, la respiration et l’organisation interne du corps. Ce travail permet d’accéder à un mouvement plus fluide, plus disponible et moins contraint.


Et si le mouvement ne s’arrêtait plus ?

Lors de ce stage, nous avons exploré une question simple en apparence :
qu’est-ce qui fait qu’un mouvement se coupe… ou au contraire se prolonge naturellement ?

Dans la continuité du premier temps du cycle — Impulsion & disponibilité — cette séance a ouvert un espace d’exploration où le mouvement ne se force plus, mais se déploie.

Du geste à la circulation

Très vite, une évidence s’est dessinée :
le mouvement ne commence pas là où on le voit.

Il prend naissance dans une organisation interne plus fine — dans les centres du corps, dans la respiration, dans la qualité d’écoute — puis circule.

Lorsque cette circulation est présente :

  • le geste devient plus fluide

  • les transitions disparaissent

  • le corps s’organise sans tension inutile

👉 Le mouvement ne se fabrique plus, il se laisse traverser.

Libérer, plutôt qu’ajouter

À travers l’exploration de la jambe libre, de la marche et des changements de rythme, les participants ont pu ressentir que :

ce n’est pas en “faisant plus” que le mouvement devient continu,
mais en libérant ce qui l’empêche de circuler.

Le rôle du bassin, des appuis et de la coordination globale du corps est alors devenu évident :
tout se joue dans la qualité d’organisation, bien plus que dans l’effort.

Là où le mouvement commence vraiment

Le travail sur la jambe d’appui a révélé un point clé :

👉 le mouvement commence avant le mouvement.

Une préparation interne, souvent imperceptible, met déjà le corps en action avant même que le déplacement ne soit visible.

C’est cette continuité invisible qui relie :

  • la jambe d’appui

  • la jambe libre

  • et l’ensemble du corps

Quand le mouvement continue… même dans l’arrêt

Sur des structures simples, une nouvelle dimension est apparue :

même lorsque le pied s’arrête,
le mouvement peut continuer dans le corps.

Une note tenue, une suspension, un ralentissement…
autant d’occasions de laisser le mouvement se prolonger plutôt que se couper.

À deux : créer, recevoir, prolonger

Le travail en binôme a permis d’aller plus loin :

non seulement sentir le mouvement,
mais aussi le transmettre et le prolonger.

Une distinction essentielle est apparue :

  • faire un mouvement

  • ou entrer dans un mouvement déjà là, et le laisser continuer

👉 C’est dans cette qualité d’écoute que naît une véritable continuité à deux.

Vers un corps plus fluide, plus disponible

Ce cycle se termine avec une compréhension vécue :

le mouvement devient continu lorsque le corps est :

  • plus organisé

  • plus disponible

  • plus à l’écoute

Et surtout lorsqu’il cesse de vouloir contrôler pour laisser circuler.

Et après ?

Ce travail ne s’arrête pas ici.

Il ouvre vers une exploration plus large :
celle d’un corps capable de s’adapter, de se transformer, et de trouver une forme de liberté dans le mouvement.

👉 Les prochains stages prolongeront cette recherche.

Les retours des participants soulignent un vécu de bien-être, de fluidité et de clarté corporelle.
Un temps apprécié pour se reconnecter à soi, affiner ses perceptions et repartir avec des outils simples, intégrables dans la danse comme dans le quotidien.


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Carnet Mouvement & Présence

Exploration de l’impulsion et de la disponibilité du corps à travers l’écoute corporelle et la qualité d’attention. Ce stage Mouvement & Présence permet de mieux comprendre comment le mouvement naît, s’initie et devient plus fluide et plus juste.

Cycle 2026 — Exploration #1

Impulsion & Disponibilité

Le stage Mouvement & Présence du 8 février à Bordeaux autour du thème Impulsion & disponibilité propose une exploration du mouvement à partir de l’écoute corporelle, de la qualité d’attention et de la mise en disponibilité du corps. À Bordeaux, ce travail permet de mieux comprendre comment le mouvement naît, s’initie et se transforme, pour accéder à un geste plus fluide, plus juste et moins contraint.


Explorer le mouvement sans chercher la performance

Au fil de la séance, les participants ont été amenés à observer leur équilibre, leurs appuis au sol et la manière dont le corps s’organise lorsqu’il se met en mouvement.
Le travail autour du transfert du poids, de la verticalité et de la marche a permis de mieux comprendre comment stabilité et mobilité peuvent coexister.

Stabilité, mobilité et organisation du corps

Une attention particulière a été portée aux centres d’activité du corps et à la relation entre différentes parties corporelles.
Ces explorations ont favorisé un mouvement plus fluide, plus disponible et plus économique.

Expression, ressenti et intégration

Le stage a également ouvert un espace d’expression et de ressenti, à travers des moments de danse simples, de travail à deux et d’observation.
L’objectif n’était pas de reproduire une forme, mais de laisser émerger une manière de bouger plus juste et plus sensible.


Les retours des participants soulignent un vécu de bien-être, de fluidité et de clarté corporelle.
Un temps apprécié pour se reconnecter à soi, affiner ses perceptions et repartir avec des outils simples, intégrables dans la danse comme dans le quotidien.

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